Critique du film : Centaure

Critique du film Centaure

Critique réalisée par l’intégralité de la classe 1BPMS2

L’action du film Centaure se déroule au Kirghizistan. Le héros principal du film se nomme Centaure, un ancien projectionniste. Il travaille dans le bâtiment. Sa vie est réglée selon des rituels quotidiens: le travail, le déjeuner, la marche entre son domicile et son travail, les discussions avec les camarades.

C’est un homme plutôt taiseux, discret, en retrait.

Des événements récurrents perturbent la vie de cette société villageoise qui vit en quasi autarcie.  Des chevaux sont dérobés à la nuit tombée puis retrouvés par leurs propriétaires respectifs.

Un jour, un célèbre voleur de chevaux est mis en cause par l’un des seigneurs de cette terre.  Il est battu à plusieurs reprises et clame son innocence devant son chef. Comme preuve de sa bonne foi, il se fait fort de retrouver le vrai coupable.

La religion semble très présente dans cette petite communauté, même si la pratique semble très inégale d’un habitant à l’autre.

Trois membres de la communauté musulmane se présentent au domicile d’un riche propriétaire. Ils lui demandent des subsides en vue du futur pèlerinage à la Mecque(en lui rappelant les devoirs des croyants).

Il leur fait une offre alternative: aller prier tous les trois dans une pièce dédiée à cet effet pour le retour de son cheval qui a été volé. S’ils retrouvent le cheval vivant, il effectuera un don conséquent.

Quelques jours plus tard, le cheval est retrouvé vivant.

Celui qui avait été accusé à tort poursuit son enquête et désigne Centaure. Ce dernier poursuit sa vie quotidienne paisiblement, alors que de noirs nuages planent au-dessus de sa tête.  Il s’arrête à un étal pour acheter sa boisson préférée à une jolie vendeuse, le maksym.

Ils semblent se regarder avec une grande complicité. Une autre vendeuse perçoit dans cette complicité une preuve de relation adultère. Centaure est marié à une épouse sourde et muette et ils ont un enfant de cinq ans. Cette vendeuse va frapper à la porte de son épouse qu’elle estime bafouée et lui indique par écrit les turpitudes supposées de son époux.  Elle paraît perplexe mais refuse de croire que son époux se livre à des incartades.

Karabaï surprend Centaure et Charapat (la jolie vendeuse) qui font route ensemble en direction du domicile de cette dernière. Il s’emporte et fouette Centaure, tandis qu’il intime l’ordre à Charapat de rentrer chez elle. Durant ces événements, la même commerçante se rend à nouveau chez la femme de Centaure et lui réitère ses accusations d’infidélité.

A son retour, son épouse lui demande des comptes. Centaure proteste de sa bonne foi, proclame son innocence, met en avant sa vertu.

Centaure, néanmoins, cette fois, se rend au domicile de Charapat pour régler son ardoise. Elle lui fait des confidences. Elle est amoureuse de lui depuis de nombreuses années du temps qu’il était projectionniste. Elle se rendait au cinéma principalement pour le voir et également pour visionner toujours le même film issu du cinéma de Bollywwod, Fangam.

Elle lui ouvre son cœur, lui fait des avances mais Centaure préfère s’en aller en lui rappelant qu’il a une épouse et un fils.

Son épouse semble ne plus lui faire confiance et le manifeste dès son retour.

Karabaï veut prouver que Centaure est coupable en tendant un piège terrible, mais irrésistible, avec la complicité d’un grand propriétaire. On fait courir le bruit dans le village que ce dernier a fait l’acquisition d’un cheval coûteux et précieux. Mais ce cheval sera placé sous surveillance, à l’aide de caméras et de moyens humains conséquents.

Durant une longue nuit calme et paisible, un homme se glisse furtivement dans son enclos, monte le cheval et tente de s’enfuir avant d’être immobilisé. Il s’agit bel et bien de Centaure. Il est fait prisonnier. Son cousin lui demande des explications.

D’abord mutique, Centaure finit par ouvrir son cœur et livrer ses véritables motivations: ses actes n’étaient pas crapuleux mais orientés vers une forme d’élévation, de transcendance.

Quand Centaure monte un cheval, il a l’impression de ne faire qu’un avec le cosmos, de renouer avec des traditions ancestrales et de quitter une société qui commence à être gagnée par le matérialisme, à l’opposé des valeurs initiales de son peuple.

Son cousin finit par s’apaiser et le comprendre. Le procès de Centaure  se tient en public devant la quasi intégralité de l’assemblée villageoise.  Karabaï s’en prend violemment à lui et demande à son endroit une sévère peine de prison.  Son passé de voleur décrédibilise sa violente diatribe et ses arguments se retournent contre lui.

Le fait que la victime de la tentative du vol plaide sa cause et prenne des engagements vis-à-vis  du tribunal emporte la décision. Il est acquitté mais doit se comporter en bon musulman pratiquant.  Centaure essaie de se conformer à ses obligations. Toutefois, un jour, à son retour, il constate que sa femme et son fils ont abandonné le domicile familial.

Alors qu’il se trouve à la mosquée, au moment de la prière, il quitte précipitamment les lieux, sans doute trop attaché à sa liberté.

Les rumeurs liées à son infidélité perdurent. Il est à nouveau mis à l’index. Un second procès se tient sur la place publique. On se rend compte que les tenants d’un islam plus conservateur ont pris le pouvoir et l’ascendant sur cette micro-société. On leur reproche de voiler les femmes, de tenir un discours extrémiste ou rigoriste fort éloigné d’un islam des Lumières.

Centaure est condamné au bannissement du village.

Alors qu’il traverse le pont(reliant le village à l’extérieur), il dépose aux pieds d’un couple d’adolescents les bobines d’un film qu’il conservait pieusement comme le dernier vestige de son ancienne vie.

Il finit, pendant le chemin de l’exil, par libérer des chevaux et en chevaucher un pour s’enfuir. Hélas, alors qu’il était en train de vivre un moment de plénitude, en quelque sorte cosmique, ne faisant qu’un avec la nature, avec l’espace, il est abattu par l’un de ses poursuivants.

Alors qu’il passe de vie à trépas, son fils pourtant resté au village avec sa maman se met à hurler de douleur.

Son père sera libre pour l’éternité mais il sera orphelin.