Critique du film : La douleur

Critique portant sur le film La douleur

 

Texte écrit par Samantha Jean-Privat, Clément Souvait,  Nolan Montaigne.

 

Extrait du journal intime de Marguerite  Antelme

Mon amour,

Ton courage, ton audace, ton abnégation ont été sans faille.

Dès le début de la guerre, tu as décidé de faire partie de la Résistance,

Alors que la France avait besoin d’espérance.

Tu as combattu au nom d’un idéal,

Au nom de la grandeur de la France dont tu as été le féal.

Tu as été arrêté, capturé, torturé et déporté.

Je fus dans l’anxiété la plus débridée.

J’étais angoissée sans discontinuer.

J’étais dans un état proche de la folie

Et j’ai multiplié les palinodies.

J’étais dans le désespoir le plus paroxystique,

Pour conjurer toutes mes blessures dans un dessein de catharsis.

Mes proches pensaient que j’étais dans une blessure narcissique.

Je me suis rapprochée de toutes les personnes qui pouvaient peser

Sur le cours de la destinée.

Je me suis rapprochée de Rabier, alors qu’il se situait à ton opposé.

Je n’ai pas montré de mansuétude envers Madame Katz

Car seule la douleur liée à ton absence occupait mes pensées.

Et je devenais un être torturé, rongé par l’anxiété.

Rabier souhaitait me décontenancer par des manœuvres très élaborées.

Je lui ai laissé croire qu’il parvenait à me captiver ou plutôt à m’intéresser.

J’étais, disons-le, dans un état mental que l’on pouvait qualifier de schizophrénie,

Commesi je me trouvais dans une autre galaxie.

On m’a annoncé lors des premières libérations des camps que l’on ne t’avait pas retrouvé.

Puis certains témoignages ont alimenté le secret espoir de ton retour toujours repoussé.

Tu es enfin arrivé un jour dans ton foyer,

Presque totalement désincarné.

Tu avais frôlé le royaume d’Hadès,

Tandis que je connaissais une autre détresse.

Celle de retrouver un étranger fort éloigné de celui qui était présent dans mes pensées.