Présentation et enjeux du dispositif

Lycéens et apprentis au cinéma est un dispositif d’éducation à l’image de la Région Île-de-France organisé par l’Association des cinémas de recherche d’Île-de-France (ACRIF) et coordonné avec les Cinémas Indépendants Parisien (CIP).

Avec ce dispositif, de nombreux lycéens et apprentis (près de 46 000 en 2015-2016) peuvent apprécier chaque année en temps scolaire des grands classiques, des films de genre, des films d’auteur, autant d’oeuvres qui mettent en valeur la diversité culturelle. Au programme cette année : À bout de souffle de Jean-Luc Godard, L’homme qui tua Liberty Valance de John Ford, Blow Out de Brian de Palma, Morse de Tomas Alfredson et un film régional, L’image manquante de Rithy Panh, soutenu par la Région Île-de-France au titre de la production audiovisuelle.

Ils voient ainsi, accompagnés par leurs professeurs et des responsables jeune public de salles d’art et d’essai, des œuvres qu’ils n’auraient jamais vues par eux-mêmes dans des cinémas qu’ils fréquentent peu.

(source : www.acrif.org)

Projection I

l-homme-qui-tua-liberty-valanceL’homme qui tua Liberty VALANCE a été le premier film visionné par les élèves le 22 mars 2017 avec le cinéma partenaire du dispositif l’UGC-MAJESTIC  de Meaux dirigé par Patrick BETRY.

Les classes inscrites au dispositif sont trois classes de terminale : les TGA2, TGA3 et les TBPCO1. Les professeurs de lettres-histoire encadrant ces classes sont, outre l’auteur de ces lignes, Mme LETARD et Mme LINOSSIER. Une autre collègue nous a fait l’honneur de sa participation, Mme JACQMIN.

Les élèves voient donc un film en noir et blanc, sous-titré. Il s’agit d’un western.


Le sénateur Ransom STODDARD (campé par James Stewart) et sa femme Hallie (campée par Vera Miles) arrivent à la gare de la ville de SHINBONE. Cette arrivée ne passe pas inaperçue  et des journalistes de la presse locale demandent au Sénateur ce qui motive sa présence dans cette ville. Le couple veut garder le silence sur ses desseins personnels.

Le couple prestigieux est venu assister à l’enterrement d’un ami, Tom DONIPHON.  Ce nom semble inconnu aux yeux de leurs interlocuteurs.  Cet enterrement aurait pu passer inaperçu, en effet, seul un homme âgé veille le mort, un dénommé POMPEY qui était un proche du défunt. Les retrouvailles entre ce dernier et le couple semblent émouvantes, le sénateur demande à ce que l’on ouvre le cercueil et donne des instructions, il souhaite que l’on mette au défunt ses bottes, ses revolvers et ses éperons afin qu’il soit enterré dignement.

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Les journalistes pressent le sénateur de s’expliquer, d’indiquer ses motivations ; pourquoi une personnalité de premier plan vient-elle se recueillir auprès d’un illustre inconnu ? Le sénateur et ses interlocuteurs changent alors de pièce et se retrouvent dans une grange. M. STODDARD reconnaît une diligence poussiéreuse dans laquelle il était arrivé pour la première fois dans la ville, alors jeune diplômé en droit.

Il commence alors son récit avec une scène terrible d’attaque d’une diligence. Une bande de malfaiteurs dirigée par Liberty VALANCE attaque une diligence et détrousse ses occupants d’une manière brutale et sauvage. On tente d’arracher un bijou à une dame d’âge mûr qui supplie les bandits de lui laisser cet objet synonyme de l’amour que lui portait son défunt mari. Les voyous ne veulent rien entendre et s’emparent de l’objet de valeur. Le jeune Ransom STODDARD tente de s’interposer pour empêcher cet odieux forfait ; hélas, les voyous font repartir la diligence avec à son bord tous les occupants, sauf Ransom à qui il est administré une sévère correction par la brute sanguinaire Liberty VALANCE qui le laisse pour mort et arrache de nombreuses pages de ses manuels de droit. La symbolique est claire, la violence à l’état sauvage prime sur le droit.

Tom DONIPHON et son serviteur POMPEY vont découvrir le jeune avocat dans un état pitoyable, et transportant ce dernier jusqu’à la ville SHINBONE. Un couple de suédois va recueillir l’avocat. Ils tiennent un restaurant avec une jolie serveuse prénommée Hallie (dont Tom DONIPHON est épris). Lorsque Ramson apprend qu’il a été corrigé par le plus célèbre bandit de l’ouest, il ne songe qu’à une chose, le faire traduire devant les tribunaux afin qu’il paye l’intégralité de ses forfaits. Pendant qu’il reçoit des soins, il refuse le revolver donné par DONIPHON et veut rester dans la légalité pour se venger. Il n’admet pas les conseils de DONIPHON, s’énerve, et tance son bienfaiteur. Deux conceptions de la loi se font face, le respect des codes de l’ouest et le respect de la loi.

Ramson se fait embaucher au restaurant par le couple de bienfaiteurs (Peter et Nora). Il fait notamment la plonge.

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Plusieurs semaines après, Hallie fait le service en salle en prenant les commandes et apportant les plats demandés. Tom DONIPHON leur rend visite, il est épris de la jeune serveuse et pour lui prouver son attachement lui offre un joli cactus en fleurs.  Peu après, il va prendre place en salle pour se restaurer. Mais un coup de tonnerre va s’abattre sur leur quiétude collective bien précaire.  Liberty VALANCE surgit, faire fuir de nombreux clients pour s’installer à une table avec ses proches. Le marshal dont la ligne de conduite est « courage, fuyons » quitte les lieux sans demander son reste. Les regards de Liberty VALANCE et Ranson se croisent, le premier reconnait le second et lui fait un croche-pied alors qu’il apportait un steak à Tom. Ce dernier est outré et demande fermement à VALANCE de ramasser la nourriture qui lui était destinée. La tension atteint son paroxysme, les deux hommes se jaugent et sont prêts à faire feu. Ramson récupère le steak à terre pour faire baisser la tension, et devant la fermeté et la réputation de Tom DONIPHON, Liberty VALANCE et ses acolytes quittent le restaurant. L’assemblée est soulagée et chacun reprend sa conversation et poursuit son repas.

Ransom se fait une place dans cette communauté, il a intégré le journal local le SHINBONE star et ayant découvert que la jolie Hallie ne savait pas lire ni écrire tout comme de nombreux habitants, il dispense des cours à des élèves de toutes les tranches d’âges.

Ransom toujours soucieux d’élever le débat dispense des cours d’instruction civique, évoque la constitution américaine. Hélas, la quiétude de ce petit groupe est mise à rude épreuve. Tom DONIPHON débarque et apprend à l’assistance effarée que VALANCE a été recruté par de riches éleveurs. Le conflit est inéluctable entre des grands propriétaires qui pratiquent un élevage extensif sans aucune clôture et de petits fermiers menacés par ces derniers et qui sont pour la mise en place des clôtures pour faire respecter leurs terres.

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Tom sur les conseils de Hallie tente de prendre Ramson sous son aile et l’amène dans son ranch pour l’initier au tir. Tom souhaite convoler en justes noces avec Hallie et pour ce faire fait construire une nouvelle pièce pour elle et leurs futurs enfants. Ramson tire toujours à côté, Tom l’humilie en lui administrant une leçon de tir ce qui provoque le courroux de ce dernier blessé dans sa fierté.

La dichotomie entre deux modes de vie doit trouver sa traduction lors de l’élection de deux délégués à l’assemblée territoriale. Qui va l’emporter, les représentants des gros propriétaires symboles d’un mode de vie traditionnel de l’ouest ou les petits propriétaires soucieux du respect des lois ? En dépit des pressions de Liberty VALANCE venu défendre les intérêts de ses employeurs, deux représentants sont désignés, le directeur du journal local et Ramson STODDARD en défenseur sourcilleux de la loi. Cette joie est de courte durée, Liberty VALANCE pratique la menace et le chantage, soit Ramson quitte la ville soit ils se retrouveront pour un duel le soir même !

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A la nuit tombée, VALANCE et ses tueurs mettent à sac le journal local et passent à tabac le directeur. Ramson se présente devant VALANCE pour l’affronter et ne pas se dérober. La rue est déserte. Après plusieurs tirs et une sérieuse blessure au bras infligée par VALANCE à Ramson, un miracle se produit ; Ramson sort vainqueur de son duel et tue son adversaire mortellement.  Hallie se précipite vers l’avocat, son amour transparaît au grand jour et Tom DONIPHON est dépité, se saoule,  finit par rentrer chez lui dans un triste état et met le feu à la pièce construite en l’honneur de Hallie, sous les yeux impuissants de POMPEY.

Le destin politique se joue maintenant pour Ramson lors de l’élection de délégué territorial au congrès de Washington. Ramson éprouve une appréhension, un blocage car il s’en veut d’être responsable de la mort d’un homme, Tom DONIPHON apparaît alors, le prend à part, et lui avoue que c’est lui qui a tué VALANCE sans être vu des autres à l’exception de son fidèle POMPEY.  Ransom, rassuré, se fait alors élire. Par la suite, il épousera Hallie et mènera une brillante carrière politique.

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Le récit du Sénateur s’achève alors, il a bâti sa carrière politique sur un mensonge car il n’est pas « l’homme qui a tué Liberty VALANCE » l’assassin sanguinaire.  La vérité va être dévoilée mais, contre toute attente, le directeur du journal brûle le récit qui vient de lui être fait et prononce cette sentence définitive, il préfère la légende à la véracité des faits.

Ramson annonce à sa femme sa future démission comme Sénateur et son retour dans la ville témoin de leur amour naissant. Sa femme, heureuse, acquiesce tandis qu’un employé du train est heureux de servir l’homme qui tua Liberty VALANCE.

Projection II

A_bout_de_souffleLa deuxième projection s’est déroulée le mercredi 19 avril 2017. Au programme, le film A bout de souffle de Jean-Luc GODARD, avec dans les rôles principaux Jean-Paul BELMONDO au début de sa carrière, Jean SEBERG et Jean-Pierre MELVILLE.

Pour la deuxième fois, les élèves ont vu un film en noir et blanc. Le film présente un triple intérêt, il appartient au patrimoine cinématographique, est emblématique de la nouvelle vague et a révélé l’un des deux monstres sacrés du cinéma français encore en vie avec Alain DELON.


Le héros du film, campé par l’excellent Jean-Paul BELMONDO, se nomme Michel POICCARD. Son périple commence à Marseille et il veut rejoindre la capitale pour se faire remettre une somme d’argent. Pour ce faire, il vole une voiture. Durant le trajet, alors qu’il est poursuivi par un policier à  moto, il se saisit d’un revolver et abat son poursuivant.

Arrivé à Paris, il fait la connaissance sur les Champs Elysées d’une jeune femme prénommée Patricia, campée par Jean SEBERG. Elle est américaine et vend le New York Herald Tribune à la criée pour gagner sa vie. Il est sous son charme et lui propose de partir en Italie avec lui mais elle semble dubitative.

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La nouvelle de son forfait meurtrier paraît dans la presse.

Michel POICCARD se rend dans une agence de voyage pour se faire remettre l’argent tant désiré par une connaissance. Sa déception est certaine lorsque son ami ne lui remet qu’un chèque barré et non de l’argent liquide plus simple à écouler.

Hélas, l’inspecteur VITAL et son adjoint, deux policiers tenaces et déterminés, sont sur sa trace afin de l’appréhender.

Alors qu’il se trouve avec Patricia dans un bar, Michel démuni se rend aux toilettes, brutalise et dévalise un homme pour lui voler son argent.

Il souhaite accompagner celle qu’il désire à un rendez-vous professionnel mais elle refuse et se cabre. Michel va la suivre, observer ses faits et gestes et va voir l’objet de ses désirs embrasser un autre sous ses yeux !

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Michel décide de se rendre dans la chambre de Patricia, y passe la nuit et, lorsque celle-ci rentre au petit-matin, lui fait une scène de jalousie. Les deux amants se disputent et s’invectivent, tout en s’embrassant et se rapprochant.

Michel cherche de manière récurrente à joindre un certain Antonio qui doit lui remettre son argent mais ce dernier est toujours indisponible. Le couple passe la nuit ensemble.

Alors qu’il doit accompagner Patricia à un rendez-vous professionnel, Michel vole une voiture.

Il constate que sa photo est dans la presse, il est présenté comme le meurtrier d’un policier. En attendant Patricia, un passant le reconnaît et, lorsqu’elle le rejoint, démarre en trombe.

Patricia se rend à une conférence de presse d’un écrivain excentrique qui répond aux questions des journalistes par des aphorismes. Cet écrivain est campé par Jean-Pierre MELVILLE, célèbre réalisateur de films policiers.

Michel se rend chez un garagiste douteux dont les activités sont illicites. Il veut vendre la voiture volée pour avoir du liquide en se faisant passer pour un autre mais le garagiste en lisant la coupure de presse n’est pas dupe et refuse de le payer, il va même jusqu’à saboter sa voiture.

Michel prend alors un taxi, rejoint Patricia et cherche à voir son ami afin qu’il lui remette l’argent, mais cette tentative est de nouveau vaine.

Patricia -qui se rend à son travail- a une mauvaise surprise, elle est abordée par l’inspecteur VITAL. Ce dernier lui indique qu’il connaît ses liens avec Michel et qu’il pourrait mettre en cause son permis de séjour si elle ne coopère pas. Patricia avoue connaître Michel mais ne parvient pas à se résoudre à le dénoncer et dit à l’inspecteur ne pas savoir où il se trouve.

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Patricia fait l’objet d’une filature, mais elle parvient à semer la police en entrant dans un cinéma.

La traque de Michel s’intensifie. Son arrestation est annoncée par la presse. Michel parvient à voir enfin le fameux Antonio qui accepte d’encaisser le chèque et promet à son ami de lui apporter du liquide. Il le planque chez une amie suédoise d’un ami commun dénommé ZOMBACH.

Les deux tourtereaux passent leur dernière nuit ensemble. Au petit matin, Michel demande à sa dulcinée d’acheter du lait et son journal. Patricia se rend dans un café et téléphone à l’inspecteur pour lui indiquer l’adresse de Michel. Elle rentre et, alors que Michel évoque à nouveau son dessein de partir en Italie, lui avoue qu’elle l’a dénoncé et lui demande de fuir au plus vite. Il n’obtempère pas.

Michel retrouve son complice, Antonio, dans la rue lorsque les sirènes de la police retentissent. Michel refuse de suivre les conseils d’Antonio qui lui demande de venir avec lui à plusieurs reprises, la police est à présent sur les lieux, la tension atteint son paroxysme. Antonio lance un revolver à Michel et s’enfuit.

Il est seul face à son destin, court mais VITAL tire. Michel est touché dans le dos. Il parcourt quelques mètres avant de s’effondrer. Michel, avant d’expirer, dit à Patricia « c’est dégueulasse », le commissaire se tourne vers une Patricia interloquée et lui indique « il a dit : vous êtes vraiment une dégueulasse ». Patricia confuse et interdite demande « qu’est-ce que c’est, dégueulasse » ?

Ce film a désarçonné de nombreux élèves, c’est une sorte d’éloge de la désinvolture, d’un esprit libertaire. Un film fort éloigné des représentations des élèves et qui a suscité de leur part des réactions mitigées voire hostiles.

 Projection III

Blow_OutLe troisième visionnage du dispositif lycéens et apprentis au cinéma s’est déroulé le mercredi 26 avril 2017 avec des élèves des classes de TGA2, TGA3 et TBPCO1.

Le film retenu et attendu était Blow Out de Brian de PALMA. Le premier film en couleur de notre sélection, toujours en version originale sous-titrée, comme pour L’homme qui tua Liberty VALANCE.

Tous les élèves connaissaient l’acteur principal de ce film, John TRAVOLTA qui campe un responsable des effets sonores. Les élèves avaient d’emblée un a priori positif.


L’action initiale se déroule dans une résidence pour jeune filles sans doute située sur un campus universitaire. Une étudiante se plaint du bruit, des jeunes filles font la fête tandis qu’un rodeur, sans doute un tueur, se trouve dans les parages. Il s’introduit dans la résidence, sort un couteau face à une jeune fille sous la douche. Cette dernière pousse un hurlement qui est à la fois peu crédible et qui sonne faux. On entend un homme éclater de rire, la scène est coupée.  Jack TERRY, l’ingénieur du son, est consterné et il est sommé par le réalisateur de ce film d’horreur au budget limité de trouver une femme poussant un cri plus crédible et plus strident.

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Peu après le générique, on peut constater que Jack travaille en solitaire au sein de la production, il semble avoir un statut à part.

On apprend par le journal télévisé que le gouverneur MC RYAN va annoncer sa candidature à l’élection présidentielle américaine, c’est donc un homme de premier plan qui pourrait devenir le premier personnage de l’Etat.

Jack se trouve dans un grand parc. Il enregistre des sons grâce à divers appareils comme ceux de la nature ou des oiseaux. Un couple se trouve en bas, la dame se sent espionnée et pense avoir à faire à un voyeur. Les amoureux quittent les lieux.  Soudainement, Jack entend un bruit pouvant être assimilé à une explosion puis il voit une voiture quitter la route pour s’échouer dans le lac. Sans réfléchir, il se jette à l’eau pour tenter de repêcher les occupants du véhicule. Le conducteur semble mort mais sa passagère s’agite dans l’espoir d’être secourue. Jack tente un premier sauvetage en vain, il ne peut ouvrir la portière, il remonte à la surface puis replonge et parvient à extraire une jeune femme de la voiture.

Il se réveille aux urgences et va retrouver celle qu’il a sauvée d’une mort certaine. La jeune femme qui se prénomme Sally regarde son héros d’un air hagard et amorphe. Elle veut quitter sa chambre d’hôpital précipitamment. Jack est interrogé par la police qui lui demande fermement et solennellement de taire la présence de l’autre passager dans la voiture, à savoir le gouverneur MC RYAN par égard pour ses proches. Il semble dubitatif devant les raisons avancées par la police, feint un timide acquiescement et va rejoindre Sally et l’accompagne dans un hôtel.

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Il cogite et s’agite. Le scénario d’un accident ne lui semble guère plausible. Il revoit le film des événements dans sa tête, réécoute les bandes-son de l’enregistrement de la nuit du drame et semble persuadé que le pneu de la voiture a éclaté à la suite d’un coup de feu.

Il se rend au garage où on a amené la voiture en question et constate que le pneu a bien été transpercé par une balle mais ce qu’il ignore, c’est qu’à la suite de son passage, le pneu va être changé pour maquiller le forfait !

Au cours d’un journal télévisé, Jack apprend une information importante, un célèbre photographe, Manny KARP, était présent au moment de l’accident et a pris de nombreux clichés qui vont être publiés dans la presse. Il achète le journal, découpe chaque image, les prend en photo et tente de constituer un film qu’il remet à un laboratoire photographique.

Jack retrouve Sally à la gare ; elle tente de l’éconduire en lui indiquant qu’elle a un train à prendre et qu’elle a peu de temps à lui consacrer. Il insiste et parvient à la convaincre de boire un verre en attendant son train. Jack se livre à elle, lui ouvre son cœur et lui raconte une terrible épreuve qu’il  a dû affronter en tant que policier dans une ancienne vie. Il avait installé un mouchard sur le torse d’un collègue pour confondre un malfaiteur, or le témoin ayant transpiré, il a été confondu par les gangsters et pendu sans autre forme de procès. Depuis, ce souvenir hante Jack. Sally est émue et bien qu’elle ait été payée pour quitter la ville consent à rester.

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Toutefois, une menace plane autour de Sally, un homme rode dans la ville – le même qui a changé le pneu dans le garage- et tue une femme sur un chantier. Elle ressemblait à Sally, le meurtrier constate sa bévue et quitte les lieux précipitamment.

Sally retrouve le fameux photographe Manny KARP dans un appartement miteux et crasseux. Lui-même n’inspire guère confiance. Les deux protagonistes semblent complices et avoir agi de conserve pour prendre les photos et faire chuter le gouverneur dans sa course à la maison blanche.

Jack se rend au laboratoire photographique. On lui remet son film, après visionnage. La thèse du meurtre ne peut plus tenir, la preuve est sous ses yeux. Il se rend au commissariat de police chez un ancien collègue qui, visiblement ne le porte pas dans son cœur mais accepte néanmoins de faire analyser le film puis le congédie brutalement.

Le tueur passe un appel d’une cabine téléphonique, son commanditaire est furieux, le gouverneur ne devait pas passer de vie à trépas mais juste avoir un accident pour que l’on puisse le prendre en photo en galante compagnie et le discréditer dans son accession aux plus hautes fonctions.

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De retour à son travail, où ses apparitions sont de plus en plus espacées, Jack constate avec désarroi que l’on a effacé toutes ses bandes sons.  Heureusement, il avait fait un double de l’enregistrement prouvant le crime, alors qu’une première bande pourtant déposée dans les locaux de la police a  été effacée, ce qui achève de discréditer Jack aux yeux de son ancien collègue.

Jack, désemparé, luttant contre de nombreux éléments contraires décide de mettre Sally face à la réalité et, ayant découvert « ses activités » consistant à compromettre des hommes politiques ou des célébrités en vue moyennant finances, la tance sévèrement.

Lors d’une entrevue entre Sally et le photographe qui devient trop pressant, elle finit par l’assommer et lui subtilise les clichés du soi-disant accident pour les remettre à Jack. Jack peut ainsi reconstituer son film et le remettre à un célèbre présentateur de télévision par l’intermédiaire de Sally.

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Le rendez-vous est pris dans une gare importante pour minimiser les risques, mais Jack étant sur écoute, le tueur va se faire passer pour le journaliste auprès de Sally alors qu’il vient d’éliminer une nouvelle victime innocente ressemblant à cette dernière.  Jack a déposé un mouchard sur Sally comme lors de son affaire précédente.  Le faux journaliste convainc Sally de la suivre pour pouvoir lui extorquer le document et la faire disparaître à l’abri des regards indiscrets.  Une course poursuite s’engage avec KARP qui essaie de les localiser. L’action se déroulant le jour de Liberty Day, les rues sont bloquées mais Jack prend sa voiture, force des barrages, finit par percuter sa voiture dans un commerce, se trouve dans une ambulance, en sort, reprend sa course-poursuite. Le suspense est haletant, les élèves ont le souffle coupé. Alors que le feu d’artifice démarre, Jack arrive enfin sur les lieux quand le tueur est en train de poignarder Sally qui hurle intensément. Jack retourne le couteau contre son agresseur, le poignarde à l’aide des mains de Sally mais il est arrivé trop tard, celle-ci expire.

Le cri de terreur de Sally ayant été enregistré grâce au mouchard, Jack le donne au réalisateur de son film, il est certes félicité mais sa vie est détruite. Jamais les circonstances de la mort du gouverneur ne pourront être élucidées et Jack va poursuivre une vie routinière et marquée par le sceau du chagrin.

Commentaires des élèves

Le premier film a été apprécié par un élève, « même s’il était en noir et blanc et sous-titré. L’histoire était plutôt calme et on pouvait suivre l’histoire ». Un autre élève a apprécié « l’action trouvant que l’histoire était intéressante ».

Un autre élève apprécie les westerns et tient à le revendiquer d’autant que ce genre de film tend à tomber en désuétude auprès des jeunes générations.

Un autre élève évoque également « l’action et le suspense » de L’homme qui tua Liberty VALANCE.

Un autre commentaire a retenu mon attention, l’élève a apprécié le film car « l’histoire était accrocheuse et elle expliquait comment construire une République ».

Le deuxième film n’a recueilli que des avis négatifs en raison d’une intrigue confuse et décousue selon les élèves.

Pour Jonathan, « l’histoire était trop longue et n’avançait pas. L’histoire était trop centrée sur les deux personnages qui ont du mal à s’attacher ».

Pour un autre élève, ce scénario « n’était pas crédible ».

Le troisième film a le plus captivé nos élèves de terminale, même si le premier film a aussi recueilli de nombreux suffrages.

Un élève indique que « le troisième film est le meilleur car c’est celui qui présente le plus de cohérence, d’actions et qu’il est en couleurs ».

Doriane indique aussi sa préférence pour le troisième, en dépit de « son sous-titrage ». L’élève regrette tout de même l’issue du film « qui se termine mal ».

Ces deux témoignages symbolisent et reflètent des avis largement partagés. L’ensemble des élèves regrettent la mort de Sally et espéraient la concrétisation de l’histoire d’amour entre les deux personnages.

Guillaume indique qu’il a découvert aussi à cette occasion « le métier de preneur de son ».

Un dernier avis d’Eddy prête à réflexion.  Il s’insurge contre « les médias qui aiment bien masquer la vérité et mentir aux gens […], la société nous ment de plus en plus ».

Cette conclusion doit amener les enseignants à développer l’esprit critique chez les élèves qui doivent se tenir à équidistance entre deux écueils, les théories complotistes et celles d’une adhésion sans limite aux discours des médias. Un beau défi que l’école républicaine s’efforce de relever au quotidien.

Sébastien Lucarelli – Référent Culture du Lycée Baudelaire